Montréal

Je reviens de Montréal. J’ai vécu chez ma copine Élodie (ma meuf, mon âme-soeur) pendant deux semaines, sur Le Plateau, près de la mignonne rue Laurier, dans un petit immeuble en brique typique de la ville, avec un escalier extérieur. L’appartement, hyper Instagrammable, était rempli de livres, de vieilles cartes de géographies, de planches botaniques, de coussins à motif chien, de tapis chaleureux (jonchés de peaux de melon, la passion de Tao, le chien). Dans la chambre d’Elodie il y avait des tissages, des cristaux, deux grosses jarres de kombucha maison avec des gros SCOBYs dedans (Symbiotic Culture of Bacteria and Yeast) (petite pensée pour Morgan qui aura un haut-le cœur à la lecture de ces lignes) (j’avoue).
Ce qui est super quand on passe deux semaines dans une ville, c’est qu’on a le temps de glander, de visiter des trucs sans se mettre la pression, de VIVRE dans la ville, juste.

Pendant ces deux semaines :

– J’ai fait plein de yoga au Studio Wanderlust.
– Je me suis achetée un petit carnet dans le quartier chinois.
– J’ai mangé un croissant vegan au Café Dei Campi.
– Je me suis endormie dans 3 parcs (celui du Jardin Botanique, à côté de l’étang rempli de tortues et de grenouilles), dans le Parc Laurier, à côté de la maison, et dans le parc Lafontaine ← mon préféré).
– J’ai acheté un parfait pull gris avec des manches ¾ dans une friperie (et le mec à la caisse m’a dit qu’il adorait la France mais qu’il était choqué parce qu’on maltraitait notre langue en utilisant trop d’anglais) (mec : calme-toi).
– J’ai appris à faire du kimchi avec Odile, et j’ai eu une odeur d’ail sur les mains pendant trois jours.
– Je suis montée sur le Mont-Royal et j’ai marché dans les sentiers de forêt toute seule en ayant hyper peur. C’était trop bien.
– J’ai pique-niqué avec Elodie et Marion.
– J’ai un peu dessiné dans mon carnet, en terrasse de café.
– J’ai prononcé la phrase « aaAAaaah j’ai trop mangé » 223 fois. Il faut dire, j’ai mangé en quantité : des quesadillas au fromage (vegan), des nachos au fromage (vegan), des sandwiches au tempeh et à la mayo (vegan), des sandwiches au Végépâté (vegan) (ok j’arrête de dire « vegan »). De la tarte au citron vert (à la lime) meringuée (une crue et une pas crue), du gros gâteau façon tiramisu plein de glaçage, un sunday chocolat – vanille avec plein de sauce au caramel et au chocolat, un cupcake au citron glacé à la framboise, un brownie au chipotle, un brownie coco – cardamome, deux burgers, de la poutine (jettez moi des pierres, je n’ai pas trop aimé la poutine : je ne comprends pas le principe de manger des frites mouillées. Mettez moi autant de fromage fondu que vous voulez, mais gardez votre sauce brune). Des smores. Des cookies double chocolat, mélasse-gingembre, beurre de cacahuète (beurre de peanut <3). Cette liste est un peu flippante a posteriori. Je me rends compte pourquoi j’ai eu une gueule de bois de bouffe un matin. Parce que même si tout le reste des repas j’ai mangé de la salade, ça compense clairement pas.

Les buns au tempeh grillé des Satay Brothers au marché Atwater

Le cupcake citron-framboise chez Sophie Sucrée

Les croissants au chocolat du Café Dei Campi (avec le bras d’Odile <3 

– J’ai rencontré les meilleures personnes (Odile, Alexis, Alexa, Charlie, Marion, Asami, Jenni) <3
– J’ai ENFIN acheté la BD Pinkerton.
– J’ai vu des libellules baiser.
– J’ai appris à dire « branlette espagnole » en québécois (mais j’ai OUBLIÉ).
– Je me suis acheté des Ginger Chews (meilleurs bonbons au gingembre qui collent aux dents).
– J’ai fait du Bixi (le Vélib Montréalais).
– J’ai vu un écureuil harceler un couple au parc Lafontaine pour un sandwich (le bol du couple).
– J’ai entendu le générique de Véronica Mars dans un magasin d’objets anciens.
– J’ai bu 547 litres de kombucha (je n’aurais pas survécu sans, si vous relisez la liste de ce que j’ai mangé).
– J’ai visité deux musées, dont un qui avait un énorme ptéranoton en origami accroché au plafond.
– Je n’ai eu que deux ampoules au pied, ce qui est un exploit si on considère les millions de kilomètres que j’ai parcourus.
– J’ai vu Élo se faire un smoothie Oréos – salade verte, c’est bon, les 380 euros de mon billet d’avion sont rentabilisés.

A l’aller ET au retour, je n’ai eu personne à côté de moi dans l’avion (j’ai une technique).

Ces vacances étaient tellement parfaites, je suis repartie avec tellement d’amour dans le coeur… D’ailleurs mon corps n’est pas d’accord avec mon retour, je suis malade. Ou alors je détoxe.

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Je suis une personne sereine

La joie sur le visage d’une Marilyn inconsciente.

Tout a commencé samedi matin quand j’ai mis trop de poids sur ma tête en faisant un tripode en yoga (Salamba Sirsasana II). Je passe l’après-midi à avoir des nausées. Je fais immédiatement le lien : c’est certain,  je vais faire un AVC. Je geins un peu, je bois de nombreux breuvages au gingembre, je regarde Gremlins 2 (mon dieu) (il y a un Gremlin ÉLECTRIQUE) et ma nausée passe.

Au moment où j’écris, nous sommes mardi, il est 15h34.

Vers 13h45, je dois partir de chez moi. Je me rends compte que j’ai à nouveau des nausées. Je commence évidemment à paniquer. J’appelle donc Adrien, qui, comme toute personne que la logique n’a pas quittée, me suggère d’aller à la pharmacie pour acheter un médicament. Outrée par cette proposition complètement irréfléchie, je lui rétorque que je ne peux pas supprimer les symptômes sans connaître la cause (i.e. : la venue imminente de l’AVC) et que c’est donc impossible.

Bravant mon état second, je m’engouffre dans le métro. Sur le quai, je sens que ma langue s’engourdit et que je n’arrive plus à respirer. Je fais mentalement le tour de ce que j’ai mangé dans la journée qui pourrait provoquer une réaction allergique. Rien aujourd’hui, mais des cacahuètes hier soir. Est-ce que c’est possible d’avoir un effet retardé en cas d’allergie ? Est-ce que je suis en train de faire une crise d’angoisse avec des nouveaux symptômes imaginaires ? Dans le doute, et pour épargner à l’ensemble des usagers du métro un incident voyageur (je suis mourante mais je n’aime pas déranger), je quitte le quai en courant, remonte les escaliers quatre à quatre pour retrouver l’air libre et je rappelle Adrien qui tente de me calmer en m’énonçant des faits simples, normalement compréhensibles même pour une personne ayant mis de côté toute pensée rationnelle : les gens ne meurent pas en faisant un tripode au yoga, sinon de bien plus grandes précautions seraient prises dans les cours pour protéger la vie des élèves maladroits.

Ensemble de personnes irresponsables risquant l’AVC à tout moment.

Je décide de rester dans la rue au cas où il m’arriverait quelque chose pour que les gens appellent les pompiers, car chez moi je suis seule et je risque la mort. Je me relocalise rapidement près de la pharmacie, parce qu’ils ont de l’adrénaline au cas où je suis en train de faire un choc anaphylactique (en plus de l’AVC), puis je me dis « autant carrément rentrer ». Je fais mine de regarder les crèmes solaires et le rayon « hygiène pour femme » (« hygiène pour chatte »). Le pharmacien m’oppresse en me parlant, je me barre donc et reste dans la rue, devant la porte automatique, le temps de me calmer et de sentir que ma langue imaginairement gonflée a dégonflé.

Je ne suis pas prête psychologiquement à rentrer chez moi. Je décide alors d’aller trainer à Franprix. Un couple hésite entre le poulet à 8 euros le kilo et celui à 4 euros le kilo. Je constate qu’ils vendent des nuggets vegan Céréal, que la boite de lait de coco à 17% de matières grasses de la marque Leader Price vaut deux fois moins cher que l’Organi à Naturalia, et qu’ils ont des minis bouteilles de Sriracha à 99 centimes.

Je me dis que je pourrais aller à Naturalia m’acheter du Kombucha pour me requinquer après toutes ces émotions. Il y a des vendeuses partout en train de réapprovisionner les rayons aussi déserts que ceux de l’URSS,  je repars les mains vides. Je monte les escaliers qui mènent à l’Enclos des Oiseaux, un tout petit parc sauvage à côté de chez moi où on laisse les plantes folles pousser comme elles l’entendent. Il y a des grandes herbes partout et des oiseaux qui pépient comme des forcenés. J’essaie de me concentrer sur mes sensations : la chaleur du banc chauffé par le soleil sur mon dos à travers mon manteau, l’odeur sucrée de ce gros buisson à fleurs blanches. Ma respiration. Inspirer. Expirer. Je me concentre sur ma respiration. Je me concentre sur ma respiration. Ma respiration s’accélère parce que je me rends compte qu’à l’endroit où je suis assise, s’il m’arrive quelque chose (je ne suis toujours pas sûre de ce qui peut m’arriver mais je préfère avoir un comportement responsable), personne ne peut me voir de l’extérieur du parc et que c’est dangereux.

Je me lève, j’ai le cœur qui palpite encore un peu, mais au moins ma grosse langue imaginaire semble avoir retrouvé une taille normale. Je marche en direction de mon immeuble. Je me surprends à espérer trouver un mot du gardien dans la boite aux lettres, qui m’informerait que mes 3 paquets de marshmallows Dandies sont arrivés par la Poste : retour à la normal de mon sens des priorités.

Hop on the bus, Gus.

Ci-dessus, ma monomanie du moment : Miley Cyrus qui reprend du Paul Simon, c’est réjouissant. Et je souhaite acheter l’ensemble de sa tenue.

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